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6 signes que votre manager vous prend pour un·e idiot·e

  • 3 juin
  • 3 min de lecture

Dans beaucoup d’ASBL, le management dysfonctionnel ne ressemble pas à un grand méchant patron de film américain qui hurle dans un open space.

 

Non, c’est beaucoup plus subtil.

 

C’est un “petit process”.

Un “simple suivi”.

Une “validation rapide”.

Un “tu peux juste me mettre en copie ?”.

 

Et six mois plus tard, il faut l’accord de trois personnes et le sang d’une licorne pour commander un paquet de marqueurs.

 

Le plus fascinant, c’est que tout cela part souvent d’une bonne intention :

éviter les erreurs, fluidifier l’information, sécuriser les décisions, harmoniser les pratiques…

 

Puis un beau matin, vous réalisez que votre équipe de professionnel·les expérimenté·es doit demander l’autorisation pour déplacer une chaise.

 

Bienvenue dans le merveilleux monde du management qui ne vous croit pas capable de survivre seul·e 🥰


6 signes que votre manager vous prend pour un·e idiot·e
6 signes que votre manager vous prend pour un·e idiot·e

Le manager qui veut être en CC de tout

 

“Comme ça je reste informé·e.”

“C’est juste pour suivre.”

“Je veux garder une vue globale.”

 

Votre responsable est en copie :

  • des échanges avec les partenaires

  • des demandes de réservation de salle

  • des mails “merci beaucoup”

 

Et voici un manager qui croule sous les mails et des équipes qui n'osent pas répondre sans son aval.

À un moment, il faut accepter cette idée radicale : des adultes compétent·es peuvent parfois répondre à un mail sans supervision parentale.

Un point d’équipe hebdomadaire, un tableau partagé ou un canal Teams bien organisé font souvent beaucoup mieux le travail qu’une boîte mail transformée en décharge.

 

Le manager amoureux des formulaires

 

Certaines structures ont développé une relation émotionnelle très forte avec les formulaires. Dans certaines ASBL, demander du matériel ressemble à une demande de permis d’urbanisme.

 

Une intervenante voulait acheter 24 euros de matériel pour un atelier cuisine.

Elle a dû : remplir un formulaire, joindre un devis, obtenir une validation, attendre la comptabilité, probablement sacrifier une chèvre à la pleine lune.

 

Le temps salarié mobilisé pour traiter la demande coûtait largement plus cher que le matériel lui-même. 

Vous optimisez des micro-risques tout en gaspillant une énergie monumentale.

Oui, il faut un cadre.

Oui, il faut tracer certaines dépenses.

Mais si votre processus pour acheter trois feutres nécessite plus d’étapes qu’une transplantation cardiaque, il est peut-être temps de se poser des questions.

 

Le manager correcteur de virgules

 

Il ne corrige pas le fond. Il corrige la forme.

 

Vous rédigez un compte-rendu clair, utile, compréhensible.

Il revient avec 46 commentaires :

  • “remplacer ‘important’ par ‘essentiel’”

  • “La virgule ligne 3 me semble agressive”

  • "On dit wingardium leVIOsa"


On oublie souvent qu’un document interne n’est pas censé gagner le prix Goncourt mais aider des humain·es fatigué·es à retrouver une information rapidement.

 

Le manager qui crée une procédure après chaque erreur

 

Un oubli d’encodage en 2017 ? 

Bam.

Nouveau tableau Excel.

 

Une mauvaise réservation de salle ? 

Bam.

Triple validation croisée avec code couleur.

 

Quelqu’un a oublié de mettre une pièce jointe une fois ? 

Excellent.

Créons une procédure PDF de 14 pages.

 

À force d’empiler des règles conçues pour éviter CHAQUE erreur possible, on finit par construire un système où plus personne ne sait travailler naturellement.

  

À force de vouloir éliminer toute possibilité d’erreur, certaines structures éliminent surtout toute possibilité de fluidité.

 

Le manager qui “va quand même vérifier”

 

“Je te fais confiance MAIS…”

 

Le “mais” contient généralement :

  • une relecture

  • une validation

  • un contrôle

 

Dans une petite association, un responsable relisait systématiquement toutes les publications Facebook avant diffusion. 

Même les posts du type : “Le groupe couture est annulé jeudi.”

À ce niveau-là, ce n’est plus du management. C’est du contrôle parental numérique.

 

Plus le manager vérifie tout, plus les équipes arrêtent progressivement de prendre des initiatives.

 

Pourquoi réfléchir, décider ou apprendre si quelqu’un repasse toujours derrière ?

 

Et ensuite, le manager se plaint que “les équipes ne sont pas autonomes”.

 

Le manager-goulot-d’étranglement

 

Tout passe par cette personne :

  • les décisions

  • les contacts extérieurs

  • les accès

  • les mots de passe

  • les paiements

 

Et puis cette personne part en vacances. L’association entre immédiatement dans un état proche du coma administratif.

 

C’est un énorme signal d’alerte organisationnel.

 

Le management ne consiste pas à devenir indispensable mais à construire un système où les autres peuvent avancer.

 

Et au fond… pourquoi fait-on ça ?

 

Parce que le secteur associatif vit souvent sous tension permanente.

 

Manque de moyens.

Pression des subsides.

Surcharge.

Urgences.

Peur de l’erreur.

Peur du contrôle externe.

Peur que “ça parte dans tous les sens”.

 

Alors on rajoute des couches.

Des validations.

Des suivis.

Des règles.

Des contrôles.

 

Jusqu’au moment où l’énergie des équipes part davantage dans le fonctionnement interne que dans la mission elle-même.

 

Et c’est ça, le vrai coût du manque de confiance. La perte d’élan.


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