Quand une mission se termine par la démission d’un conseil d’administration
- il y a 3 jours
- 2 min de lecture

Certaines missions se terminent avec un joli plan d’action. D’autres avec un tableau Excel optimisé.
Et parfois… avec la démission complète d’un conseil d’administration.
Oui, c’est arrivé lors d’une de mes missions. Et sur le moment, j’ai trouvé ça assez violent.
La première réaction : la culpabilité
Quand on accompagne une organisation, on se sent forcément impliqué·e.
Ma première pensée a été : Qu’est-ce que je n’ai pas vu venir ?
Est-ce que mes questions ont provoqué quelque chose ? Est-ce que j’aurais pu anticiper cette situation ?
C’est une réaction assez classique chez les personnes qui accompagnent des équipes. On se sent responsable de ce qui se passe dans la dynamique collective.
Mais avec un peu de recul, j’ai compris que la situation était différente.
Parfois, poser les bonnes questions change tout
Pendant l’accompagnement, mon rôle était simplement d’ouvrir des espaces de réflexion.
Mettre des mots sur les difficultés. Clarifier les attentes. Identifier les tensions dans le fonctionnement.
Et ces questions ont produit quelque chose d’important : une prise de conscience collective.
Les membres du conseil d’administration ont réalisé :
les difficultés qu’ils et elles rencontraient
leurs limites personnelles
leurs besoins pour la suite
La décision de démissionner n’a jamais été suggérée de ma part. Elle a été leur choix, réfléchi et assumé.
Parfois, accélérer une décision évite plus de dégâts
Avec le recul, je pense même que cet accompagnement a été utile.
Parce qu’il a permis d’accélérer une décision qui serait probablement arrivée tôt ou tard.
Un peu comme enlever un sparadrap d’un coup.
Dans certaines situations, continuer coûte que coûte peut provoquer :
de l’épuisement
des tensions internes
des dégâts humains dans l’équipe
Parfois, se retirer est une décision responsable.
Le courage de reconnaître ses limites
Ce que je retiens surtout de cette expérience, c’est le courage des personnes concernées.
Reconnaître qu’un rôle ne correspond plus à sa situation, à son énergie ou à ses attentes demande beaucoup d’honnêteté.
Et cela ne remet absolument pas en cause les compétences ou l’engagement des personnes qui ont occupé ce rôle.
Au contraire.
Prendre cette décision peut être un acte de responsabilité envers l’organisation.
Identifier les problèmes, c’est déjà avancer
Dans le secteur associatif, on évite parfois de nommer ce qui ne fonctionne pas.
Par peur du conflit. Par loyauté envers les personnes impliquées. Ou simplement parce que tout le monde est déjà trop fatigué pour sortir le nez du guidon.
Mais mettre les difficultés sur la table est souvent la première étape pour améliorer le fonctionnement d’une ASBL.
Même si les conclusions sont parfois inconfortables.
Et dans ce cas précis, je suis finalement reconnaissante d’avoir pu accompagner ce moment de lucidité collective.
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